25 janvier 2009 -- J56

Il manque des places libres ce matin dans le bus El Indio qui part à Salta. Nous sommes assises ouf mais tout cela a un petit air de Paraguay. Les odeurs de campeurs assis sur mon accoudoir gachent un peu la belle route de cactus. Le bus tourne très vite dans les virages, les sacs posés dans les soutes au dessus des sièges valsent et assomment les passagers. Au terminal, on rate le gars qu'AL pressentait comme le meilleur covoitureur-chauffeur pour prendre la route. A 10min près. Et les bons plans foireux du gardien de parking ne nous rassurent pas encore. On pose les valises au cardones hostel (cardon = sorte de cactus) et on découvre une fois de plus le centre-ville de Salta la Linda sous un cagnard épouvantable avec magasins fermés et habitants absents. Pourtant ce repérage nous mène droit dans les bras d'Andrea et son sourire en banane. Elle nous propose "l'Excursion miracle" d'une manière tellement chaleureuse qu'on ne peut qu'accepter. Et pourtant on n'y croyait pas en entrant. En fait on fera les trajets qu'on voulait faire, en 4 jours. Mais retour à Salta quasiment à chaque fois, donc double de km. Mais puisque c'est plus nous qui devions conduire, le stress s'envole, la franchise est oubliée, l'essence gratuite, la piste n'existe plus. Et cerise sur la gateau, ca coute moins cher qu'une location de voiture. Et les guides parlent fraçais. C'est trop beau, on n'y croit pas. Evidemment on ne s'arrêtera pas à chaque fois qu'on le voudra. On perd le semblant d'aventure qu'on espérait (enfin moi). La blonde est aux anges, elle aime tellement se faire prendre par la main. Et quelle main: celle avec son bracelet baraca. Elle précise sur le voucher qu'elle est soltera et espère être dans le groupe du guide beau gosse dont on parle sur le livre d'or... Du coup, on refait les comptes, il nous reste trop de pesos argentins pour cette dernière semaine. Fini les sandwich et les soupes, on va devoir prendre les menus complets et jeter un oeil sur ces fameuses boucles d'oreille. En attendant, le cyber café n'est pas cher (quelle ville merveilleuse) donc on fait le plein avant la Bolivie. Et là c'est le déluge... un orage éclate et vu la quantité d'eau et les canalisations, nous ne sommes pas étonnées que la rue soit inondée si rapidement. Par contre 10 min plus tard, on s'aperçoit que le sol est inondé aussi, l'eau monte très vite, le tonnerre gronde. Alfonso ne nous demande même pas d´éteindre les ordi et la connection reste parfaite.. Incroyable. Oui mais il faut quand même partir acheter notre billet pour San Pedro de l'Atacama, prochain départ dimanche seulement. Un gars de la municipalité enveloppé dans un sac poubelle nous aide à traverser la rue pour rejoindre la station de bus. J'ai de l'eau jusqu'aux genoux. Billets pris, on rentre par les rues qui sèchent assez rapidement. On retrouve le couple de suisse que l'on avait repéré dans le bus ce matin. Ils sont aussi sympas qu'ils en avaient l'air. On papote assez longtemps. Heureusement on arrive au mac do avant la fermeture. Et AL s'achète un 2ème pot de dulce de leche au carrefour du coin (prononcez carréfour) ... au cas où...

24 janvier 2009 -- J55

Lever à 06h pour un départ à 07h30. On veut reranger les valises pour que ca prenne moins de place. Mais malheur à 06h30, le taximan sonne déjà. En fait il y avait 1h de décalage horaire et personne ne nous a prévenu. La tuile, en 5 min les valises sont faites. On a chacune un sac en plus tellement c'est bien rangé! Luis et Pilar sa femme sont adorables et souriants. Ils casent nos bagages tant bien que mal dans leur petite caisse et nous partons tous les 4 sur la route de Cafayate. Ce taxi privé c'est un luxe et on compte bien en profiter. On demande à s'arrêter régulierement pour photographier les beaux paysages: très verts, puis tr`s secs, la statue de l'indien qui veille sur la vallée, les fleurs violettes, les montagnes roses, les lamas à pompons, les vignes, les cactus de plus en plus nombreux. Mais la tension monte. Luis a faim et veut rentrer au plus vite. On sent que l'exaspération prend la place des explications motivées du début. On n'ose plus rien dire même lors de l'attaque du condor. On décide quand même de prendre plus de temps aux ruines de Quilmès qu'au parc des menhirs, au musée-hacienda de Tafi del Valle (prononcez vaché) ou au lac d'El Mollar; petits arrêts sans prétention mais tr`s agréables avec des guides compréhensibles. Les ruines de Quilmès n'ont à priori rien à voir avec la bière du même nom. Ce sont les restes d'un village indien avant qu'ils ne soient chassés par les espagnols. On y reconnait la maison du chaman (centrale), le "four" et le "frigo". Les tas de pierres, offrandes à la pachamama (mère nourricière, respect your mother earth!) et les cactus ponctuent les lignes blanches de pierres sur la colline. Et après une montée pas toujours facile, la vue est superbe. Attention crème solaire indispensable. On arrive à la casa de Felicia avec 4 heures d'avance sur le planning. Tranquille la journée de Luis. L'ambiance familiale de l'auberge de Felicia et ses niños nous change des auberges de jeunesse internationales, musique à fond jusqu'à deux heures du mat. Nous sommes invitées à faire de la pub, alors si vous passez par Cafayate (cafachaté), faites moi signe. Et puis le village, capitale nationale des empañadas et des alfarores, est l'endroit rêvé pour se poser en soirée sur une terrasse et se sentir en vacances. Dommage qu'on s'énerve pour une interdiction de FB, pour livraison d'empañadas tardive ou un hotel canadien qui nous lache. On fait la queue à la douche exceptionnellement étincelante de propreté. Quel bonheur!

23 janvier 2009 -- J54

On se réveille quand la famille lama est partie. Encore un alfarores en guise de café do maña. Mais le bus est à l´heure ou presque. On s´installe au Tucuman hostel, à Tucuman. Spiderman avec ses toiles d´araignée dans les cheveux nous accueille avec un grand sourire. Ca promet. Tant pis on rentre courageusement sous la douche avant de repartir fraiches vers le centre ville brulant et vide à cette heure-là. La Poste est bien sur fermée. J´enverrais mes cartes postales l´année prochaine, ne vous en faites pas. Il reste juste un cyber-café et une heladeria ouverts... bon s´il faut. On ressort quand le soleil est moins haut et que les rues piétonnes sont bondées. Mieux l´ambiance. On négocie "fingers in the nose" un taxi privé pour le lendemain. Impossible de faire le trajet en bus sans rater les merveilles de la route. Et puisqu´on suit la politique "économie sur le logement mais pas sur la qualité des visites", on fonce. On verra bien jusqu´où on tiendra. Belles petites églises dans le centre + la casa de l´Indépendancia célèbre dans tout le pays meme si vue de l´extérieur on ne se rend pas compte de sa grandeur symbolique. La plaza San ... ressemble à toutes les plaza principales de toutes les villes argentines. Un grand carré vert avec une fontaine au milieu et des chemins en diagonales couverts d´étals de sacs fluos en lama et autres empañadas au queso. Pleins d´enfants qui courent, des jeunes filles et leurs secrets de fille et leur maté, des amoureux de tous ages sur les pelouses. Il fait bon vivre ici. Sauf quand le ciel se couvre et le vent se lève. On presse le pas vers le supermarché. Quand on finit nos emplettes (melon, tomates et pain) des éclairs traversent le ciel, c´est l´orage. On rentre en taxi, une fois n´est pas coutume. On dine en essayant de recruter des covoitureurs mais ça ne marche pas. Tout le monde a grillé nos 500kg de bagages. Pas de coutume non plus pour l´ordi qui est libre toute la soirée avec une bonne connection et des prises USB qui marchent. Je veille tard mais j´arrive à publier mes 1ères photos sur facebook. Bah oui, ceux qui ne sont pas online, renseignez vous à l´Ermitage. Je m´endors tard.

22 janvier 2009 -- J53

En buvant notre café ce matin, Anémone la révolutionnaire soixante-huitarde nous raconte ses 50 années de voyage. Dommage qu´on ait pas plus de temps car ses récits sont hallucinants, trop fous pour etre crus par les éditeurs frileux qui n´ont jamais voulu publier son journal. Moi je l´aurais bien lu. Mais on a des recherches à faire sur Internet pour comprendre comment on va pouvoir tout voir de Tucuman à Jujuy de la manière la plus économique possible. Malheureusement nous sommes déjà en Argentine profonde et Internet n´existe pas vraiment. Je me déconnecte au bout d´une heure avec encore 12 mails non lus. frustrant. Déjeuner de base à la station de bus. On a bien fait de prévoir large. Le service est lent mais c´est les vacances, et c´est bien le coeur de l´Argentine qu´on voulait visiter. On a le temps de relire 3 fois nos fidèles guides du routard et le petit futé. Tant pis on verra bien comment on s´en sortira. En attendant, on retourne sur San Juan dans la station de bus qu´on aime pas et on reprend le bus vers Tucuman pour y passer la nuit (dans le bus, pas encore á Tucuman). Entre les 50 deg de dehors et la clim intérieure, nos réserve de Nestlé se recalcifient mais sans le pull de tata Sylvette, la nuit est trop fraiche. Les mateuses qui n´ont jamais vu de blondes ont pensé à la couverture en lama, elles.

21 janvier 2009 -- J 52

A 7h, on embarque dans le minivan de Vesa Turismo. L'entrée du parc Igualasto (ou vallée de la Lune) est chère mais c'est Patrimoine de l'Humanité alors on accepte. Là on voit pleins de paysages différents. A chaque arrêt, quand Johnny met son chapeau de agucho pour nous raconter la vie du Parc dans un castillano incompréhensible, on a l'impression d'avoir changé de planète. Bon j'exagère un peu, on est restée sur la Lune. Pas mal de photos plus tard, on passe dans un autre parc: le Talampaya. On passe devant nos ennemies du bus parce qu'elles nous ont fait la même chose avant (belle mentalité) et on repaie super cher une autre entrée, un autre parimoinde de l'humanité. Là j'explose carrément et j'arrive à gueuler en espagnol que l'humanité parle plusieurs langues et que l'Unesco envoyait probablement assez de fonds pour pouvoir traduire un prospectus sur la formation des sédiments ou fossiles de dinosaures. Non mais. On paie 5 fois le prix que les argentins paient pour un guide qui ne s'adresse qu'aux argentins. Ok un touriste c'est fait pour payer mais aussi pour râler. J'excelle dans ces deux matières! Bref, 4 gardiens officiels du Parc National en question se démènent et me dégotent finalement une photocopie d'un semblant de description de l'excursion qu'on va faire, dans un français douteux. On commence donc la visite avec une bonne humeur nouvelle. AL fait la fayote dans le jardin botanique, moi je traine dans le sable brulant devant la pseudo-cathédrale gothique naturelle creusée dans la roche qui fait penser à Bryce Canyon. On s´amuse à crier et à écouter notre écho. Marino et Dario nous offrent un verre d´eau glacée. On a de la chance, il ne fait que 35 deg aujourd´hui. Ca peut monter jusqu´à 60 il parait. C´est ce que la blonde a lu dans le guide. Vous y croyez vous? En tout cas, roches érodées, cactus, restes de dinosaures et de civilisations anciennes (dessins d´indiens)... ce désert regorge de merveilles. On essaie de tout retenir. On rentre à 20h. Là nous attend encore une longue lessive et 1 billet de bus à acheter avant le diner. Et puis on papote autour de la pataugeoire avec 3 français indécis mais ils ne veulent pas de nous dans leur voiture de loc. Trop de bagages?? Tant pis, 1 des 4 argentins d´à coté, qui nous offre le maté au passage, connait quelqu´un qui a une voiture ou plutot a le numero d´un pote qui connait un ami qui aurait eu des informations sur une voiture... On en a pleins des alternatives pour la suite du voyage. Pas de panique. On dort l´esprit presque tranquille. La moitié du budget est dépensé, le Pérou est encore loin...

20 janvier 2009 -- J51

Alfarores pour commencer la journée, en compagnie de 3 brésiliens à qui j'offre la fin de ma bouteille. Je suis récompensée de mon bon geste par un cadeau offert par un pigeon dès la sortie de l'auberge. No comment please. C'est d'ailleurs moins pire que les mouettes et AL à Punta Del Este... (tu croyais vraiment que j'allais oublier de mentionner que tu as eu besoin du tuyau d'arrosage du pêcheur?) Le temps d'un petit lavage de cheveux ce qui exaspère Juan, dit le pointilleux, on est reparties pour une série de coups de téléphone aux hotels et achat de billets de bus, notre plaisir quasi-quotidien! La ville est petite et pas super interessante mais on s'y prend comme des pieds pour aller visiter une bodega (les vignes) alors on manque le seul intérêt de Mendoza. Dommage. Bref copies de sécurité pour moi et sieste de 10h du mat pour la blonde. On lit les conseils aux voyageurs très drôles (faites moi pensez à vous en envoyer un petit échantillon en commentaires) et les anecdotes sur les condors "ils se suicident quand leur femme meurt en faisant de la chute libre. C'est l'animal le plus fidèle, mais attention le contraire n'est pas vrai. La veuve condor va vite se reproduire avec le premier venu." Bref, avec tout ça, on est juste à l'heure pour le bus, on doit même courir sur les derniers mètres. Mais le bus aussi est un animal fidèle à ses principes. On l'attendra une heure (seulement). Carottes et tomates dans le bus. J'ai investi dans un tupperware lassée des affreux sandwich jamon-queso et alfarores industriels dont on nous gave à longueur de journée. Diet! A la sortie du bus, Sylvia nous attend avec un panneau "GALL x2" (Gall étant le nom de famille de la Barbie). Ouf dortoir à 8 mais vide car tous les autres sont dans la piscine (ou pataugeoir dirons-nous) en attendant le bus de 03h30. Pour nous, il est déjà 01h passée, repos direct.

19 janvier 2009 -- J 50

On se réveille dans un dortoir bondé. Tiens on s'en était même pas aperçu. Paolo déballe le petit déj pour nous mais le taxi klaxonne déjà. Ca valait pas le coup de stresser. Le bus a deux heures de retard, normal. Et monsieur pause caca qui vient nous rendre visite toutes les 30 min (fond du bus oblige). Heureusement Martine a emmené son pchitt eau de cologne senteur herbe fraiche des bois pour atténuer le supplice olfactif comme dirait l'autre. La route est toujours aussi belle, c'est la même que pour l'excursion de l'Aconcagua. Mais on s'endort un peu quand même. Un peu trop. On se réveille quand les bagages ont déjà été fouillés après deux heures d'attente à la douane. Ouf on arrive à squizzer les files pour choper nos tampons réglementaires. Petit café dans le bus avec 1 couple de français. Puis route route. Le bus a pris beaucoup de retard. C'est déjà l'heure du diner quand on arrive à Mendoza. On a le temps de faire rapidement un supermarché en état d'hypoglycémie majeure. Diner dans la cuisine de l'hotel en compagnie de 2 suisses, d'un italien et d'une allemande. On mélange le français, l'espagnol, l'italien et l'allemand. De toute façon, puisqu'on est à Mendoza, je me suis acheté une bonne bouteille de vin, c'est la capitale du vin argentin. Et je comprend rien à ce que les gens racontent. Une histoire de bateau, d'autrichien et d'Anne-Marie le portrait caché de ma barbie perso. Et comme ma blonde refuse de m'aider à la descendre (la bouteille), j'ai bien du mal à finir ce message.... Bonne nuit....