Fini le repos, Noémie revient nous chercher sur les coups de 06h45. On longe un bout de temps le trajet du train un des plus hauts du monde. Pour monter dans les sommets, il monte en zig-zag ou en colimaçon. On traverse la gorge du taureau; en fait en quechua (c'est aussi une langue par ici le quechua) ca veut dire boue (tourou). Puis la gorge Tastil avec les ruines d'un village indien à Santa Rosa de Tastil et ses cactus. A noter qu'un de nos compères de minivan est un croate débarqué à Buenos Aires pour un jeu télévisé qu'il a fait expres de perdre pour visiter le reste du pays. On en fait des rencontres ici!! Pendant ce temps on reste scotchées à la vitre, même 12h de suite. Les paysages changent souvent et sont tous aussi éblouissants. Ca valait le coup de rester coincées une semaine dans cette région des vallées Calchauies. On monte cette fois jusqu'à 4080 mts, tous les jours un peu mieux et pas encore d'addiction aux feuilles de coca... Ni à la viande de lama d'ailleurs, en milanese ou en gros steak qu'on nous propose un peu partout maintenant. Les vieilles femmes ridées nous suivent à la trace pour nous vendre des petits lamas en laine. La piste est mauvaise jusqu'aux Salinas Grandes mais l'altitude nous endort. Heureusement Fernando est un chauffeur de compet et il nous dépose, sans écraser de vigones, sur les étendues blanches des salines attendues. On prend des photos marrantes comme tout le monde mais le soleil tape dur et on repart avant de cuire totalement. Ceux qui travaillent ici sont équipés de cagoules genre l'homme invisible. Nouveau sommet atteint à 4170mts, le voisin d'AL dort tout le trajet mais il ne faut pas lutter contre le sorroch (mal des montagnes). On redescend de 200mts en 30km, l'énorme chicot du chauffeur l'aide à tenir, nous on reste aux alfarores (moins bons que ceux de Diana, évidemment). La vue est énorme d'ici. Le voyage est vraiment beau, je vous embrasse tous aus passage; la preuve arrivera en photo ultérieurement. Arrivée à 18h30 à Pumamarca, village classé au Patrimoine mondial de l'Unesco. C'est là qu'on passera la nuit. Eric, un autre touriste du Chaco (sa région), nous accompagne pour la balade dans les montagnes qu'on fait au soleil couchant. Dommage pour les photos mais ca fait du bien de marcher 1h. On décide de refaire le même tour demain matin au soleil levant, avant de reprendre la longue route. Et tant pis pour la grasse mat. La place du village est animée en soirée. Tous les marchants de tissus, chapeaux de cow-boys et ponchos de lama s'activent, les enfants participent, les touristes profitent. En m'asseyant près de l'eglise en écoutant les chants et en admirant les couleurs et les visages souriants, je pense au froid parisien et à tous ceux qui le supportent. Et je me dis qu'à mon retour, entre deux accouchements nocturnes, je repenserais à ce petit village paisible qui vivra toujours à ce rythme... Je suis tirée de mes pensées par l'arrivées joyeuse de nos potes de chambrée pour ce soir. 2 français et 2 argentins tous excédés de l'attitude de Julio, dit monsieur "40pesos", qui hausse les épaules à chaque fois qu'on lui pose une question. Ils disaient quoi sur le panneau? "la joie de l'auberge ..." On part s'ennivrer tous ensemble, au son de la flùte de pan, on revient tard et on ronfle unanimement. Prix de la meilleure ambiance de dortoir selon la rubia!
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ça fait envie... tout fait envie, même le bus, même le dortoir, même julio... surtout le village, surtout la balade à pieds, surtout les salines... je retiens l'idée du jeu télé quand même !!!
RépondreSupprimerHé, tu crois qu'on ne sait pas ce qu'est le Quéchua ? Lis un peu ça : "Teqsimuyuntinpa kamasqa kasqan, runaq kamasqa kasqanpiwan". alors, ça veut dire quoi ? C'est le début de la Bible, "Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre". Tu te souviens que l'oncle de Diana m'a offert une bible en quéchua ? Tu vois, je la connais pas coeur.
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